Vagabondage en Baie de Somme.
J’habite un pays très cher à mon cœur.
Un pays, car pour moi c’est bien plus qu’un département,
qu’un point comme un autre ressemblant à tout autre .
Niché au nord de la France , on l’appelle:
« La Côte d’Opale »…
Aie ! Aie ! Aie !!!
Le NORD….
Ainsi que le prononçait avec horreur
Michel Galabru, dans le film « Les Chtis».
Mais ici, il ne s’agit pas du Nord ,mais du Pas-de-Calais,
De toute une région longeant la Mer, ma Mer
Ainsi que je me plais à le dire,
La Manche.
La topographie des lieux montre un diversité
Que l’on ne retrouve nulle part ailleurs.
C’est une région faite de vallons, de collines boisées,
Mais aussi de plages de sable fin,
Voire de galets selon l’endroit
Où nos pas nous mènent, au gré des ballades.
Des criques, des anses, connues des seuls autochtones
Réservent à ceux qui les fréquentent
Des surprises aux multiples facettes,
Avec des rochers dressés fièrement
Pour abriter, le temps d’un moment
Des couples d’amoureux, des enfants,
Dont les rires raisonnent,
Se mêlant au bruit du ressac aux vagues à l’écume blanche.
Par les jours de gros temps
elles se chargent d’une teinte couleur de plomb,
La houle se fracassant dès lors sous les boutoirs d’Eole
Sur les falaises qui s’érodent au fil des ans,
Combat bien inégal entre une mer déchaînée
Et des falaises blessées qui peu à peu s’érodent.
Mais, il ne faut pas se laisser envahir
Par les clichés reçus, les « a priori ».
Ici, tout comme ailleurs
Le ciel ne reste pas invariablement gris.
Le soleil sait se montrer généreux,
Bien qu’à la météo du vingt heures
On oublie bien souvent de le signaler,
Comme si notre côte d’Opale au nom si mérité,
N’était, une fois pour toute, synonyme
de grisaille et de vent tout au cours de l’année…
Ne voyez cependant pas en moi une personne sectaire,
à la limite du chauvinisme, non, vous feriez erreur.
Je suis simplement “tombée d’amour”
pour ma terre natale dès mon plus jeune âge ,
et je lui resterai fidèle jusqu’aux bout de mes jours.
Je vais d’ailleurs vous en donner la preuve
pour vous emmener vagabonder
en Baie de Somme.
Je vous vois surpris, à la limite de l’incompréhension:
En effet, au regard de ce prologue
en forme d’ode à mon terroir,
vous vous attendiez à toute autre chose:
La découverte par l’image et le mot
de cette côte avec des noms de villes magiques
qui la jalonnent, telles:
Boulogne sur Mer, Le Touquet, Etaples,
Montreuil sur Mer, Berck…
De l’autre côté: Wimereux, Audresselles, Wissant,
les prestigieux caps Gris Nez et Blanc Nez
qui se regardent depuis des siècles.
Mais ne soyez pas déçus,
je vous y emmènerai un jour prochain.
Mais alors, pourquoi La Baie de Somme me direz-vous?
Tout simplement car ce site magique, tout près de moi,
à portée d’une encablure de roues,
ne m’avait jamais tentée,car je l’imaginais
fade, plat et sans attrait.
Il a fallu qu’au cours d’un séjour chez ma meilleure amie
par une semaine d’été ensoleillée,
elle s’entreprit à toutes forces de me faire changer d’avis
en m’emmenant durant quelques jours
découvrir cette autre côte, celle que j’ignorais
délibérément, à cause de préjugés tout faits…

Ce fût pour moi la Révélation.
Je m’y suis trouvé un autre berceau,
m’y sentant chez moi au fil de l’eau.
Ce parcours initiatique, loin de me sembler long,
a laissé en moi une empreinte indélébile
et un désir irrépressible d’y revenir depuis,
chaque année,pour m’y ressourcer , telle une enfant réjouie
de rejoindre son autre terre sœur
où je laisse, à mon départ, un peu de mon cœur.
Je pense que plus tard, si la vie m’en donne le temps,
j’y finirai mes jours paisiblement,
avec pour abri une maisonnette de pêcheur,
une petite barque bleue amarrée en contrebas
d’une allée de sable, bordée de rosiers et de bégonias…
Venez, je vous emmène dans mon sillage
vagabonder, en oubliant pour quelque temps
la vie trépidante des grandes villes palpitantes
mais ô combien bruyantes.
Parole de Clo,
vous ne regretterez pas de m’avoir accompagnée
à la découverte de cette région toute en mystère,
déroutante, et irradiée d’une multitude de lumières,
passant du jaune à un ocre presque sombre
dès que la nuit soudaine l’enveloppe de son ombre.
Je vous prends la main,
ne la lâchez surtout pas
car ces dans ces lieux millénaires et somptueux à la fois,
vous risqueriez de vous laisser surprendre
par une marée remontant au galop
dans cette mer de sable si étrange
séparant deux villes qui se tutoient:
Saint Valéry et Le Crotoy…
Mais patience,
la ballade ne commence que les jours prochains…
Clo ( 5 Juin 2009 )